Pourquoi voit-on parfois son psy comme un “grand tout”?

Comprendre le ça, le moi, le surmoi et le transfert

Quand on commence une thérapie, il arrive qu’on ait l’impression que notre psychologue ou notre psychanalyste sait tout : qu’il lit dans nos pensées, qu’il a toutes les réponses, presque comme un parent ou une figure toute-puissante. En psychanalyse, ce phénomène a un nom : le transfert. Mais avant d’y arriver, il faut comprendre les fameuses notions de ça, moi et surmoi chez Freud.

Le ça, le moi et le surmoi : la base

Freud, le père de la psychanalyse, imaginait notre esprit comme composé de trois parties :

  • Le ça : c’est la partie primitive, le réservoir de nos désirs et pulsions. C’est ce qui veut tout, tout de suite (comme un enfant qui réclame un bonbon).
  • Le moi : c’est le médiateur, celui qui nous aide à composer avec la réalité. Il cherche un compromis entre nos envies et ce qui est possible.
  • Le surmoi : c’est la voix intérieure qui représente nos valeurs, nos interdits, notre morale. C’est un peu le juge intérieur qui dit « ça, tu ne dois pas ».

Ces trois forces sont en conflit permanent. Et dans la relation avec un thérapeute… elles se rejouent.

Le transfert : quand le passé revient dans la thérapie

En séance, on ne parle pas seulement de soi : on projette aussi sur le thérapeute des images et des émotions qui viennent de notre histoire (souvent de l’enfance). C’est ça que Freud appelle le transfert.

Par exemple, le patient peut voir son psy comme :

  • Un parent protecteur (celui qui sait tout, qui rassure).
  • Un juge sévère (celui qui décide ce qui est bien ou mal).
  • Un idéal (celui qu’on voudrait devenir, qui a toutes les réponses).
  • Ou même un objet de désir ou de colère (lié aux pulsions du ça).

En réalité, ce n’est pas le thérapeute lui-même qui est comme ça : c’est le patient qui rejoue, dans la relation, ses anciens liens avec ses parents ou d’autres figures importantes.

Et ce phénomène dépasse largement le cadre de la thérapie.

On retrouve la même dynamique avec les tarologues, voyants, ou autres figures spirituelles : on les investit d’un rôle de ‘grand tout’, comme s’ils détenaient un savoir absolu, et l’on attend d’eux des réponses à toutes nos questions.

Pourquoi c’est utile en thérapie ?

Ça peut sembler étrange, voire gênant, mais en fait c’est une chance :

  • Le thérapeute devient un miroir de l’histoire intérieure du patient.
  • Ce qui est projeté en séance peut être analysé et compris.
  • Cela permet de mettre en lumière des conflits inconscients et d’avancer.

C’est un peu comme si la séance devenait un laboratoire où le patient peut revivre et transformer ses anciennes manières de se lier aux autres.

Un petit résumé visuel

Ce que vit le patientComment il peut voir son thérapeute
Ses désirs, colères (ça)« Je veux que tu sois toujours là » ou « tu m’énerves »
Son besoin d’équilibre (moi)« Tu m’aides à réfléchir, à trouver des solutions »
Ses interdits, sa morale (surmoi)« Tu vas me juger » / « tu sais ce qui est bien »
Son besoin d’idéal (idéal du moi)« Tu sais tout, tu es parfait »
Un mélange de tout celaUne impression de « grand tout » qui rassemble toutes ces projections

En conclusion

Si vous avez déjà eu l’impression que votre psy était un parent idéal, un juge, ou même quelqu’un qui sait tout de vous, rassurez-vous : c’est normal. Ce n’est pas la réalité de la personne en face de vous, mais un jeu de miroirs créé par votre inconscient.

Et c’est précisément là que la thérapie devient intéressante : en comprenant ces projections, vous explorez vos anciens schémas, et vous ouvrez la porte à de nouvelles manières d’être en relation.

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